Qui évoque tissus africains, pense très rapidement au wax. Pourtant, il en existe tant d’autres qui relèvent de traditions africaines ancestrales.

Le bogolan est l’un d’eux. Originairement du Mali, le processus de fabrication employé reste assez similaire dans une bonne partie de l’Afrique de l’Ouest. Bogolan vient de « bogo », terre, et « lan », issu de. Ce mot désigne donc le mode de teinture et par extension, le tissu sur lequel elle est appliquée.

Un tissu soigneusement travaillé

Le tissu en lui-même est en bandes de coton, filées et tissées. Celles-ci sont ensuite cousues à la main les unes aux autres, pour en faire des tissus plus ou moins grands.

Les teintures sont faites à base de boues, de décoctions de feuilles de n’galama (bouleau d’Afrique) ou d’écorce de mpécou, ou encore à base de mélanges de céréales. Avec ces teintes naturelles, le bogolan se décline donc la plupart du temps sous des tons ocres, rouges, bruns, kaki, gris… Le blanc est quant à lui effectué avec un mélange de poudre lessivielle et de chlore.

Des motifs plein de sens

Les symboles et motifs du bogolan en disent long sur la personne qui le porte. En effet, le motif peut changer selon les villages ou l’identité du porteur. De par son processus de fabrication, le bogolan est également considéré comme imprégné par une énergie vitale particulière et peut donc dans certains cas être porté comme un voile de protection. Les motifs et couleurs changeront donc également selon le symbole et le rôle qu’on lui assigne.

Un processus de fabrication très traditionnel

Voici une petite vidéo sur le centre N’domo à Ségou, Mali, qui utilise toujours les techniques traditionnelles de fabrication du bogolan avec un système plein d’intelligence.

Le bogolan dans le monde entier

La fabrication du bogolan s’est énormément développée à partir des années 70 et 80, gagnant même une notoriété internationale avec les collections des stylistes maliens Chrys Seydou et Mariah Bocoum, ivoirien Gilles Touré, ghanéenne Aisha Obuobi, et sudafricaine Awa Meité van Til.

Aujourd’hui, il a conquis le monde entier et, au-delà du vêtement, on peut également retrouver le motif du bogolan sur les chaussures, ou dans les objets en tissu (chaises, rideaux, etc).