Du collier fait avec amour par les enfants, aux bijoux offerts en fiançailles, en passant par la parure de pagne ou les ornements d’oreille, le bijou se décline sous toutes les formes, toutes les couleurs et sur tous les continents. Il fait indéniablement partie de notre vie contemporaine. Pourtant, il a, lui aussi, une longue histoire derrière lui.

Les premiers bijoux

De la même façon que les traces d’humanité les plus anciennes retrouvées à ce jour, c’est sur plusieurs sites en Afrique que l’on a également découvert les plus anciens bijoux au monde. Ces découvertes, dénichées du fin fond de grottes en Algérie ou en Afrique du Sud, remonteraient jusqu’à 150 000 ans dans l’Histoire. Et confirment donc les théories des professionnels selon lesquelles les bijoux faisaient déjà partie intégrante de la vie de ces premiers Hommes.

Ils étaient confectionnés avec des matériaux naturels tel les os, l’ivoire, les coquillages de mer, les perles d’eau de mer ou d’eau douce, la pierre ou le bois. Ce n’est que plus tard, à l’aube de l’Antiquité, qu’ils vont être travaillés à partir de métaux.

La signification des bijoux

Le bijou est très vite apparu dans les différentes sociétés comme un moyen de signifier sa place dans le monde. En effet, on se pare de bijoux selon notre richesse, notre place dans la société, notre pouvoir… Chaque tribu ou parfois même chaque famille confectionne des bijoux qui leur sont propres : ils sont le reflet de leur identité et de leur croyance. Et sont donc fièrement exhibés lors de rites ou des cérémonies religieuses.

Plus qu’un objet esthétique, le bijou a donc des fonctions sociales et identitaires. On lui prête parfois également une fonction médicale, voire magique, puisqu’il est censé protéger ou soigner la personne qui le porte, ou lui attribuer certaines qualités nécessaires à la réussite de sa quête.

En conséquence et par extension, le bijou a donc une valeur financière. Autrefois, il servait même de monnaie d’échange contre d’autres services ou un peu d’argent. Une technique particulièrement pratique pour ces Hommes qui ne pouvaient pas nécessairement dissimuler leur fortune dans des cachettes ou l’hypothéquer dans des banques, mais préféraient la « porter sur soi ». On remarque ce choix de vie encore de nos jours chez les derniers peuples nomades d’Afrique.

Le marché du bijou en Afrique

En tout temps, l’Afrique a donc été sujette à de nombreux échanges commerciaux, eux-mêmes propices à la fabrication des bijoux.

En 2300 avant Jésus Christ, l’Egypte échangeait perles en pâte de verre contre de l’or avec des peuples d’Afrique de l’Ouest.

Dans l’Antiquité, les Phéniciens puis les Berbères s’établirent également dans la confection de perles et développèrent de nombreuses routes commerciales à travers l’Afrique.

Les échanges fusaient également sur la côte orientale de l’Afrique avec l’Inde, le Pakistan et la Chine. En étendant son influence au XVème siècle, le Mali ouvrit lui aussi ses portes aux perles indiennes, qui voyagèrent donc grâce au fleuve Niger jusqu’au Sahara.

Cet accès à des matériaux aussi divers a donc inspiré les différents peuples à créer des bijoux hors du commun.

Tour d’horizon sur les bijoux africains

Maroc :

Au Maroc, les bijoux sont complètement différents selon la région où l’on se trouve. L’islam interdisant aux hommes de portant de l’or, son usage est donc limité, et on retrouve donc souvent les bijoux en or finement torsadés et aplatis dans les grandes villes essentiellement. Mais les bijoux de « province » se distinguent également entre kabyles et berbères.

Les bijoux des Kabyles sont souvent assez en argent et colorés, pour un coût moins cher : il s’agit souvent de bracelets larges et des colliers en grosse chaîne avec une pointe de diamant parfois utilisée pour se défendre.

Les Berbères, eux, fabriquent des bijoux ornés de pierres qui ont des formes bien particulières rappelant tour à tour l’écriture berbère ou des symboles de l’islam (le V en épi de blé par exemple).

Egypte : 

Deux millénaires avant Jésus Christ, les Egyptiens confectionnaient déjà des perles en pâte de verre qu’ils coloraient avec de l’oxyde de cuivre ou de manganèse. Les teintes étaient donc souvent bleu turquoise, violettes ou encore noires.

Aujourd’hui encore, certains artisans perpétuent encore ces techniques anciennes et confectionnent des perles de grande qualité, qu’ils teintent avec des colorants naturels.

Peuple des Maasaïs (Kenya et Tanzanie) : 

Chez les Maasais, les bijoux se composent surtout de petites perles fabriquées à partir d’os animal et teintes. On les offre lors d’occasions très importantes : cadeau de mariage, amulette de guerre censée apporter courage, ou grigri apportant force pour la chasse.

Les couleurs des perles ont des significations bien particulières :

Le rouge signifie la bravoure, la force, le danger, l’unité

Le bleu quant à lui, désigne le ciel et par extension, l’eau qu’il fournit, qui permet de maintenir le bétail en santé.

Le vert est lui, la nourriture abondante pour le btail.

L’orange est preuve d’hospitalité, tandis que le blanc assure la pureté.

Le noir, couleur du peuple, est également celle des difficultés.

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‘Samburus are known to have originated from Sudan, settling north of Mount Kenya and south of Lake Turkana in Kenya's Rift Valley area. Upon their arrival in Kenya in the 15th century, the Samburu parted ways with their Maasai cousins, who moved further south while the Samburu moved north. The Samburu tribe speaks the Maa language, as do the Maasai. However, although they share a vocabulary, the Samburu speak more rapidly than the Maasai. Together with the Maasai and Turkana tribes, the Samburu are among the few African tribes who have remained culturally authentic by clinging to their traditional way of life.’ ⠀ Photo credit: @magicalkenya⠀ ⠀ #facesofafrica #Kenya #Maasai #Samburu #beads #beadwork #desert #nomadic #imetgodshelivesinafrca #AwaytoAfrica #travelAfrica #exploreAfrica #Africantouroperator #Africaisnotacountry #travelwithus #doyoutravel #Africanexperience #red #EastAfrica

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Peuples des Ndébélés (Afrique du Sud et Zimbabwe): 

Le peuple des Ndébélés se caractérise par les anneaux que ses femmes mariées portent aux chevilles et au cou. Bijoux et pagnes sont ornés de motifs géométriques très colorés sur un fond de perles blanches. Chaque forme géométrique permet de distinguer notamment les femmes mariées des célibataires ou encore la jeune fille en phase d’adolescence, etc. Plus qu’ornement, le bijou devient même vêtement puisque tabliers, capes et voiles sont fabriqués avec des perles pour les tenues de mariage.