Rachid Taha est décédé en septembre 2018 : un an après, sort son album posthume « Je suis africain » . Il n’a rien d’une compilation, il était terminé lors du décès du chanteur.

Co-écrit et réalisé avec Toma Feterman, cet onzième album est plein de joie avec une écriture remplie de poésie et de jeux de mots.

L’aventure débute en 2015 : les deux musiciens se rencontrent et leurs goûts communs les rapprochent immédiatement : ils mélangent allègrement le jazz manouche, l’électro, le rock, le rai, les fanfares venues des Balkans, le reggae, etc…

Si 20 ans d’écart séparent les deux hommes, ils se rejoignent aussi sur de nombreux sujets en dehors de la musique : la politique, le cinéma, une culture sans frontière…

Rachid Taha se rend chez Toma Feterman pour des séances d’improvisation : cela dure des mois et le chanteur lui demande de réaliser son futur album.

Il y chante en français et en arabe ses thèmes de prédilection, l’amour, le voyage, la nuit, la politique.

Le titre de l’album provient d’une discussion dans un café : Rachid Taha déclare « moi je suis africain, africain du nord, du sud, on est tous africains, on descend tous de Lucy ». Point de départ de la chanson, Toma et Rachid y incluent des références à Bob Marley, Franz Fanon, Jacques Derrida ou Angela Davis.

De la spontaneité de cet album « fait à la maison » jusqu’à la rigueur des arrangements en studio, on assiste à un foisonnement d’instruments : kora, trompette mexicaine, mandole, guitare électrique, balafon et xylophone mandingue. Leur but était de réaliser un album « crooner, punk, oriental ». Pari tenu avec ce disque solaire et cosmopolite, ouvert sur le monde.