Les candidats à la prochaine élection présidentielle en République Démocratique du Congo sont connus depuis le mercredi 19 septembre.

On retrouve ainsi Emmanuel Ramazani Shadary, ancien ministre de l’Intérieur et successeur choisi par le Président Kabila, Félix Tshisekedi, président de l’UDPS ainsi que Vital Kamerhe, ex-président de l’Assemblée Nationale. Les candidatures de Moïse Katumbi et de Jean-Pierre Bemba ont été rejetées.

La campagne électorale débutera le 22 novembre prochain, l’élection est prévue pour le 23 décembre.

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L’enjeu est crucial pour le plus grand pays d’Afrique subsaharienne et beaucoup redoutent déjà les fraudes, notamment en raison de l’utilisation des « machines à voter », que certains appellent déjà « machines à tricher, à voler ou à frauder. »
L’exclusion des candidats Katumbi et Bemba est d’ores et déjà un motif de tension dans le pays. Moïse Katumbi vit en exil depuis 2016 et est poursuivi par la justice congolaise, il affirme même avoir été empêché de rentrer dans le pays. Il avait quitté le camp Kabila en 2015 pour rejoindre l’opposition.

La candidature de Jean-Pierre Bemba a été rejetée en raison de sa condamnation pour subornation de témoins par la Cour Pénale Internationale. Cette même cour l’avait précédemment acquitté sa peine pour crimes de guerre et contre l’humanité.

L’opposition s’active donc pour avoir une alternative sérieuse au dauphin de Joseph Kabila, et envisage un boycott des élections. Après avoir été déjà reportées deux fois en 2016 et 2017, ces élections représentent un véritable enjeu de transition démocratique. De plus, les manifestations sont interdites tant que la campagne n’a pas officiellement commencée, forçant ainsi un mutisme quand aux contestations du processus de vote. La répression violente des manifestations de décembre 2016 est encore dans toutes les têtes.