Né au tout début du XX° siècle à Bandiagara, chef lieu du pays Dogon et ancienne capitale de l’empire Toucouleur au Mali, il décède à Abidjan le 15 mai 1991.

Cet intellectuel multiplie les activités : écrivain, poète, ethnologue, historien, peu de disciplines littéraires échappent à son immense talent.

Issu d’une famille de la noblesse Peule, il fréquente dans un premier temps l’école coranique avant d’être placé à l’école française. En 1921, il entre dans l’administration coloniale d’abord en Haute Volta (ex Burkina Faso), puis revient à Bamako au Mali. En 1942, il est nommé à l’Institut Français d’Afrique Noire de Dakar : il y entreprend des travaux d’ethnologie qui aboutiront à la parution de son premier ouvrage « L’empire Peul du Macina ». En 1951, il obtient une bourse décernée par l’UNESCO. En 1960, après l’indépendance du Mali, il fonde l’Institut des Sciences Humaines de Bamako où il oeuvre pour le développement des langues africaines. Il est distingué en 1975 par l’Académie Française pour « les services rendus au dehors à la langue française ». Les dernières années de sa vie sont entièrement consacrées à l’écriture et à la publication de ses mémoires. Il publie plus d’une quinzaine de livres.

Amadou Hampaté Bâ a eu à coeur, toute sa vie, de mettre en valeur le patrimoine culturel africain : il travaille en particulier à la transcription des traditions orales peules. Il affirme ici que l’oralité peut être considérée comme une archive reconnue et déclare « C’est notre devoir, à nous qui avons hérité d’une tradition orale, que d’essayer d’en transmettre ce que nous pouvons avant que le temps et l’oubli ne la fassent disparaître de la mémoire des hommes ».

Il prononce sa phrase la plus célèbre à la tribune du Conseil Exécutif de l’Unesco en 1962. En réponse au sénateur américain Benton qui traite les africains « d’ingrats, d’analphabètes et d’ignorants », il réplique : « Je concède que nous sommes des analphabètes, mais je ne vous concède pas que nous soyons des ignorants…Apprenez que dans mon pays, chaque fois qu’un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ».

Quelques titres à recommander :

Vie en enseignement de Tierno Bokar

Le sage de Bandiagara, adapté au théâtre par Peter Brook

L’étrange destin de Wangrin, grand prix littéraire d’Afrique noire en 1973

Amkoullel l’enfant Peul, grand prix littéraire d’Afrique noire en 1991