Les rencontres de Bamako, avec pour thème « Courants de Conscience » réuniront 85 artistes africains dans 11 lieux de la capitale, jusqu’au 31 janvier 2020.

Coproduites par la France, le Mali a pour la première fois choisi son commissaire, Igo Diarra ainsi que son directeur artistique, le camerounais Bonaventure Ndikung. Un gros effort financier et logistique a également été produit par le Centre de la Formation en Photographie de Bamako, qui a pu effectuer le tirage de 1300 photos. La scénographie  des expositions, a quant à elle, été confiée au designer et architecte malien Cheikh Diallo.

Malgré les difficultés rencontrées, les artistes sont au rendez-vous, soucieux que des événements de cette envergure puissent se dérouler en Afrique.

De nombreux collectifs tels Invisible Borders qui évoquent la problématique de la libre circulation des personnes en Afrique, Kamoinge, groupe afro-américain fondé en 1960 ou encore Kolektif2d qui explorent le massacre méconnu de Kerzal en Haïti sous la dictature Duvalier, traitent la photographie avant tout sous l’angle politique.

L’Association des femmes photographes du Mali ont tenu à rendre hommage à toutes les femmes victimes de violences conjugales à travers l’exposition « A contre courant ».

Ces rencontres permettent aux artistes d’échanger des informations et de partager leurs techniques… et leurs interrogations.

Pour tenter d’amener le public vers ces lieux de culture, trois vieilles familles de Bamako dévoilent leurs albums et les portraits de leurs ancêtres.

Afin de renforcer le volet pédagogique et pour toucher le plus grand nombre possible, les Rencontres de Bamako auraient besoin d’une aide financière accrue de la part des autorités, ce qui n’est pas la priorité à l’heure actuelle.

Pourtant, Bonaventure Ndikung le souligne : « la culture est un dénominateur commun, un liant, un roc solide sur lequel la sécurité, le transport, le logement et l’éducation doivent se construire ».