Le Français Patrice Neveu a été nommé, le 23 mai dernier, à la tête de la sélection Gabonaise. Il succède à Daniel Cousin, limogé en mars dernier après l’élimination des Panthères de la CAN 2019.

Le match nul rédhibitoire, concédé face au Burundi le 22 mars dernier (1-1), avait coûté aux Panthères une huitième présence en phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Cet affront avait provoqué une grosse colère d’Alain-Claude Bilie-By-Nzé, le ministre des Sports Gabonais, qui dans la foulée avait remercié l’ex-sélectionneur Daniel Cousin. Lancé au mois d’avril par la Fédération gabonaise de football (Fegafoot), un vaste appel à candidatures avait permis d’en recueillir 82, expédiées essentiellement depuis l’Europe. Un comité, spécialement constitué pour travailler sur le profil du futur patron technique de l’équipe nationale, a été chargé d’éplucher tous les CV et de dégager dans le courant du mois de mai une short-list de trois noms.

L’aval de l’Etat

Au terme d’un long écrémage parmi toutes ces candidatures, trois noms sont ressortis, dont celui de Patrice Neveu. C’est donc ce dernier qui a été choisi, notamment grâce à sa remarquable relance de la sélection mauritanienne, qu’il avait réussi à qualifier pour le Championnat d’Afrique des Nations en 2014. Le ministre des Sports, qui suivait le dossier de très près, a validé le choix. Mais pour cela, il a fallu l’aval du palais présidentiel.

Au Gabon, comme dans d’autres pays africains, le choix du sélectionneur est une affaire de la plus haute importante. Surtout quand il s’agit d’un étranger, et pas seulement pour des raisons financières, puisque le salaire est pris en charge par l’État. Ces dernières années, le Portugais Jorge Costa et l’Espagnol José Antonio Camacho avaient été directement choisis depuis le Palais du bord de mer, sous l’influence de l’ancien international portugais Deco, alors très actif au Gabon.

Un CV à la hauteur de la tâche

Réputé pour être une forte tête et pour sa capacité de travail, le Vendéen a signé un contrat de deux ans, renouvelable pour deux ans, avec comme principal objectif de qualifier les Panthères pour la prochaine édition de la CAN 2021, en Côte d’Ivoire. Le Français devrait débuter sa mission au Gabon au début du mois de juin.

Âgé de 65 ans et loin d’être un anonyme sur la continent, l’entraîneur a commencé à travailler en 1999 au Niger en tant que Directeur technique national (DTN). Il a par la suite dirigé des clubs en Tunisie (CO Médenine), au Maroc (CA Rabat, Moghreb Tétouan) et en Égypte (Ismaïly, Smouha), puis trois sélections nationales (la Guinée de 2004 à 2006, la RDC de 2008 à 2010 et la Mauritanie de 2012 à 2014). Il s’était notamment distingué avec le Syli National en atteignant les quarts de finale de la CAN 2006.

Après une courte expérience en Haïti, le Français avait repris la direction de la Guinée pour y entraîner Horoya AC, d’octobre 2018 à février dernier. Mais en dépit de bons résultats, l’expérimenté avait quitté Conakry, refusant les ingérences dans son domaine de compétence, après une négociation à l’amiable avec l’homme d’affaires Antonio Souaré, président du club de la capitale.