Au Cameroun comme dans de nombreux pays, la couverture médicale s’avère souvent insuffisante avec 1.1 médecin pour 10 000 habitants. Fort de ce constat, le docteur Eloï Hermann Monkam, jeune généraliste, imagine une solution inédite : créer une application sur smartphone qui permettrait à la population de contacter un médecin sans avoir à se déplacer.

Peu soutenu dans un premier temps, il s’obstine et peaufine son projet pendant deux ans. En avril 2017 à Douala, il crée avec trois collègues « That Health Again » qui deviendra « THEA » : les habitants doivent pouvoir entrer en contact avec un médecin sans avoir à se déplacer ni à payer une consultation.

Via cette application, les patients pourront choisir le spécialiste dont ils ont besoin, lui envoyer un message et débuter le dialogue à distance. 36 spécialistes répondent ainsi à toutes les questions et peuvent dépister des cas de paludisme, de diabète, de maladies sexuellement transmissibles ainsi que de nombreuses autres pathologies.

La plateforme a été étendue à 14 pays d’Afrique, touchant ainsi plus de 67 000 personnes. Ces consultations permettent à la population éloignée des centres de santé d’obtenir très rapidement un avis médical et aux habitants des villes de désengorger les centres hospitaliers souvent bondés avec d’interminables files d’attente.

Les médecins peuvent prescrire des médicaments que le patient achètera à la pharmacie la plus proche. Ainsi, cette application revêt une grande utilité et devient même indispensable. Bien entendu, les médecins de la plateforme THEA redirigent vers les hôpitaux les cas les plus sérieux. Néanmoins, devant le manque de médecins en Afrique, la télé-médecine est sans doute promise à un bel avenir.

La confidentialité et l’anonymat sont un atout supplémentaire : cela permet aux patients de se confier plus facilement (on peut évoquer les abus sexuels en particulier) et des psychologues peuvent apporter leur soutien et leur compétence.

D’autre part, le docteur Eloï Hermann Monkam veut étendre son projet et impliquer de plus en plus de médecins : son objectif ambitieux est de secourir un milliard de patients dans les années futures. Il voudrait également développer une plateforme utilisable sans Internet de manière à intervenir dans les zones les plus reculées.

Enfin il faut évoquer le financement de THEA : après avoir investi 30 000 euros, Eloï Hermann Monkan a conclu un partenariat avec 4 instituts camerounais. Une action de sensibilisation est menée auprès des étudiants : une contribution financière, non obligatoire, est demandée aux utilisateurs de THEA.

Cette application, véritable révolution, présente de nombreux bienfaits pour la population et va réussir sans nul doute à trouver les financements qui lui permettront de poursuivre son développement.