Depuis sa signature dans le club de la Merseyside en 2017, l’attaquant égyptien s’est élevé au rang de joueur de classe mondiale, ainsi que d’icône au rayonnement international. Vainqueur de la dernière édition de la Champions League face à Tottenham ce samedi dernier, le numéro 9 des Reds a fait l’objet d’une étude à l’Université de Stanford. Et d’après les chercheurs, l’islamophobie est en réel déclin depuis que l’égyptien est à Liverpool.

Une étude de Stanford confirme

John B. Holbein, professeur américain en sciences politiques, a publié peu avant le coup d’envoi de la finale sur Twitter une partie d’une étude menée par quatre chercheurs de l’université de Stanford et de l’École polytechnique de Zurich.

Les chercheurs se sont intéressés de près au phénomène Salah, et de son influence sur la population à Liverpool. Le thème exact de leur étude : « L’exposition des célébrités peut-elle réduire les préjugés ? L’effet de Mohamed Salah sur les comportements et attitudes islamophobes ». En écrivant en guise de préambule à l’étude : « Est-ce que l’exposition de célébrités à succès appartenant à des groupes stigmatisés peut réduire les préjugés envers ce groupe en général ? Nous exploitons la soudaine et phénoménale renommée de la star de Liverpool Salah, un joueur manifestement musulman, pour répondre à cette question ».

-18,9% d’actes islamophobes depuis que Salah rayonne à Liverpool

Depuis le transfert du striker égyptien de l’AS Roma à Liverpool à l’été 2017, leurs résultats montrent que les crimes de haine et islamophobes ont chuté de 18,9% dans le Merseyside, le comté de Liverpool, en comparaison avec les chiffres relevés avant sa signature. L’étude atteste également d’une baisse significative des tweets anti-musulmans écrits par les fans de Liverpool : de 7,2% de messages à caractère haineux envers les musulmans avant l’arrivée de Salah à 3,4% à l’heure actuelle.

A eux seuls, les buts et nombreux coups d’éclat de l’Égyptien n’expliquent pas cet effet présumé. Selon les chercheurs, « l’étude suggère que ces résultats pourraient être motivés par une familiarité accrue avec l’islam ». L’attitude du joueur, qui ne cache pas son attachement à sa religion, y serait aussi pour beaucoup.

Une ligne de conduite irréprochable 

En deux saisons sous le maillot des Reds, l’Égyptien a pourtant été plusieurs fois la cible d’injures islamophobes, lancées par des supporters d’équipes adverses. Mais il a pu compter sur le soutien indéfectible des fans des Scousers.

Lors de la saison 2017-2018, les supporters des Reds s’étaient distingués par leur intérêt envers la religion de leur nouvelle star, l’islam. Mohamed Salah n’est pas le seul footballeur musulman reconnu en Angleterre et même à Liverpool, mais son talent, son image et sa notoriété en font un joueur à part dans son club. Ailleurs, cela peut parfois être plus compliqué.

Enfin, les quatre chercheurs concluent leur étude : « Nos résultats indiquent qu’une exposition à des modèles positifs peut amener de nouvelles informations qui humaniseraient davantage une communauté dans son ensemble ». Un modèle comme Mohamed Salah donc.