Manu Dibango, Emmanuel N’Djoké Dibango de son vrai nom est un saxophoniste, chanteur, organiste et pianiste camerounais. Surnommé Papagroove ou papa Manu, il est connu pour sa contribution au jazz.

Né en 1933 à Douala, il découvre la musique grâce au gramophone de ses parents, sur lequel il écoute de la musique française, américaine et cubaine, que les marins en transit à Douala emmènent avec eux. Il apprend le chant dans la chorale du temple, où sa mère donne parfois des cours.

Manu Dibango arrive à Marseille en 1949, avant de s’installer avec sa famille d’accueil dans la Sarthe. Dans son sac, 3kg de café, afin de payer les premiers mois de pension. C’est ainsi qu’il intitulera sa biographie. Il découvre petit à petit la culture française et le jazz, apprend à jouer du piano et de la mandoline.
Lors d’un séjour à Saint Hilaire du Harcouët, dans un centre de colonie réservé aux enfants camerounais, il rencontre Moyébé Ndédi et Francis Bebey et … le saxophone.
Les compères commencent ainsi à jouer du jazz ensemble et c’est à Reims qu’ils effectuent leurs premiers concerts, alors que son père lui coupe les vivres après que Manu a raté son bac.

Pendant une tournée en Belgique, son jazz s’africanise après avoir passé beaucoup de temps avec l’importante diaspora congolaise. Parmi les concerts, il rencontre Grand Kalle qui l’engage parmi ses musiciens. Ils enregistrent plusieurs disques ensembles, particulièrement populaire au Congo. Manu et sa compagne gère un club à Léopoldville pendant un temps, mais l’affaire ne décolle pas en raison du couvre-feu imposé et les Dibango rentrent en France en 1965.

2 ans plus tard, à la tête de son propre big band, il développe son écriture et sa musique, qui devient résolument urbaine et novatrice. En pleine ascension, il devient musicien de Dick Rivers puis Nino Ferrer, très populaires à ce moment. Il prendra rapidement la direction de l’orchestre avant de sortir son album Saxy Party chez Mercury, qui sera couronné de succès.

La face B, Soul Makossa, séduira les Etats-Unis et lui permettra de partir en tournée là-bas. A son retour en France, il tourne avec Serge Gainsbourg pour un temps, avant d’enregistrer le projet Wakafrika, un album de reprises des plus grands tubes africains avec les plus grands artistes du continent et quelques stars. L’album est distribué partout dans le monde.

Il a lancé son festival, Soirs au Village, dans la ville dans laquelle il a grandit avec sa famille d’accueil, Saint-Calais, qui a lieu chaque année.