Le film « Lionheart » de la réalisatrice Geneviève Nnaji, vient d’être écarté de la compétition au titre de « Meilleur film étranger » aux Oscars. Les critères sont stricts et se définissent ainsi : un long-métrage produit en dehors des Etats-Unis, dont les dialogues ne sont pas principalement en anglais.

Effectivement, sur 1h35 de film, seulement 12 minutes sont en igbo, langue parlée dans l’est du Nigéria.

Néanmoins, l’anglais est la langue officielle du pays, et la décision de l’Académie a déclenché une avalanche de réactions.

En premier lieu, Geneviève Nnaji a souligné la diversité linguistique de son pays, soulignant que l’anglais était le « pont » reliant entre elles les 500 langues du Nigéria.

La réalisatrice afro-américaine Ava DuVernay note que l’institution américaine semble condamner toute future candidature nigériane si elle fait usage de la langue de Shakespeare. La journaliste et écrivaine britannique Afua Hirsh, la comédienne Kerry Washington ainsi que de nombreux internautes anonymes ont manifesté leur désapprobation sur les réseaux sociaux.

Si le président du comité de sélection nigérian Chineze Anyaene reconnaît que « Lionheart » ne remplit pas les règles fixées, le film traduit pourtant les habitudes linguistiques du Nigéria et illustre la façon dont s’exprime la population : anglais, igbo et pidgin, argot mêlant anglais et langues locales.

Le linguiste nigérian Kola Tubosun estime lui, qu’il faudrait considérer l’anglais du Nigéria comme une langue étrangère.

Pour le moment ferme sur ses positions, l’Académie des Oscars pourrait être amener à l’avenir à tenir compte de cette singularité linguistique des anciennes colonies britanniques en Afrique. L’institution y gagnerait en diversité.

Le dernier film africain à avoir remporté ce prix est « Mon nom est Tsotsi » du sud-africain Gavin Hood, tourné en anglais, afrikaans et zulu.

Les films nommés seront révélés le 13 janvier  et la 92ème cérémonie des Oscars se tiendra le 9 février 2020 à Los Angeles.