L’Afrique, terre de soleil, de légendes merveilleuses et de contes en tous genres qui se transmettent de bouche-en-bouche, de générations en générations…De cet art de la parole, les griots du Sénégal en ont fait une tradition et un savoir-faire qu’on leur reconnait encore aujourd’hui.

Les griots du Sénégal

Dans la société mandingue, le griot, c’est l’artisan du mot au même titre que l’ébéniste est l’artisan du bois. Considérés comme des « hommes de caste », les griots sont considérés comme des personnages influents dans les sociétés du Sénégal au Burkina Faso. Véritables bibliothèques ambulantes, ils peuvent également parfois être porteurs de messages politiques, de louanges, etc. Le griot du Sénégal, en maîtrisant les mots, peut ainsi user de son influence et de son pouvoir. Boubacar Ndiaye en a conscience aussi, mais il l’utilise à des fins particulières.

Qui est Boubacar Ndiaye ?

Boubacar Ndiaye est un enfant du Sénégal, et plus particulièrement de la culture wolof. Baignant depuis tout petit dans les récits de sa grand-mère et de sa mère auxquelles il doit son éducation, il se prend de passion pour l’art de la parole des griots du Sénégal, et se donne pour défi de transmettre à son tour les récits bienveillants qui ont bercé son enfance.

Aujourd’hui conteur, chanteur, danseur, il allie mystère des contes, danses et musiques traditionnels avec une certaine modernité et émerveille petits et grands avec ses différentes représentations. La voix du conteur nous emmène, en effet, dans des questionnements sur le monde qui nous entoure et les cultures auxquelles on s’identifie. Les animaux nous parlent et nous donnent des leçons de sagesse, la nature nous montre toute sa bonté… Tout en poésie, mais avec efficacité, Boubacar nous conte des récits de vies confrontées à des grands enjeux contemporains comme l’eau, l’immigration, la violence, la paix, la Femme africaine…

Boubacar Ndiaye n’aime pas se poser de limites, et encore moins celles qui entraveraient cette liberté qu’il prône et qu’il symbolise avec ses mots. Ainsi, l’artiste ne lésine pas sur les voyages, se produisant auprès d’établissements scolaires, de festivals, de médiathèques, de prisons ou d’hôpitaux dans toute la sphère francophone.

S’exprimer, c’est tout un art !

Le récit n’étant pas le seul art de la parole, il anime également débats, conférences ou ateliers sur différents thèmes et selon la demande. On le retrouve notamment dans le Festiparoles, festival itinérant annuel des Arts du Récit qu’il a fondé au Sénégal. Public africain et européen s’y réunissent autour de traditions musicales et orales et s’immergent dans un thème précis à travers des ateliers pratiques et ludiques qu’il anime.

Les mots ne devant jamais être réduits au silence, il fonde également une association, Le Puits à paroles, dont les deux pôles en France en au Sénégal recueillent des récits d’anciens pour les sauver de l’oubli.