Les pêcheurs sénégalais font face à de nombreux problèmes depuis plusieurs années : surpêche, pêche illégale, ce qui a conduit à la diminution des réserves halieutiques.

Le poisson représente la principale ressource de protéines de la population. L’enjeu était donc majeur. L’Etat a décidé d’intervenir et de travailler conjointement avec les professionnels de la mer.

A la suite de crises agricoles, le Sénégal a connu un afflux de pêcheurs venant du centre du pays, mais aussi de Guinée, du Mali et du Burkina Faso. Les ressources diminuant, les pirogues étaient contraintes de s’éloigner de plus en plus des côtes. Une politique de co-gestion des ressources marines a donc été instaurée : à la place d’une organisation verticale, et des décisions gouvernementales unilatérales, les associations de pêcheurs sont désormais consultées : leurs compétences et leur savoir faire encouragent la responsabilisation de toute la corporation.

Des Conseils Locaux de la pêche artisanale sont mis en place. Lorsqu’une espèce est menacée de disparition, les pouvoirs publics interpellent ces organisations afin de trouver des solutions. Ces données sont ensuite transmises à une équipe de scientifiques qui se nourrissent de ces échanges. Les propositions qui en résultent seront ensuite validées par l’administration, mais aussi par un comité des sages composé d’anciens pêcheurs et des dignitaires religieux.

Cette gestion simplifie le travail de tous en mutualisant les informations et en mettant les solutions en oeuvre.

On peut citer en exemple ce qui s’est passé à Ngaparou : devant la raréfaction du poisson, la pêche a été interdite dans une zone délimitée avec la création de récifs artificiels pour aider à la reproduction. Dans la zone de pêche autorisée, la taille des maillages des filets doit être supérieure à 7 cm, la pêche à la palangre est interdite, ainsi que la présence des jet-ski qui perturbent également l’environnement marin. Huit mois après ces mesures, le poisson est revenu en masse dans ce secteur.

Pour compenser les pertes de revenus, une caisse de solidarité a vu le jour : elle peut aider les familles en difficulté, la reconversion des pêcheurs âgés…

Cette politique a porté ses fruits : la taille des poissons et des crustacés ayant augmenté, les prix ont fait de même. Ainsi la langouste est passée de 4000 à 14000 F CFA). Cela représente un gain important pour les pêcheurs puisqu’une partie de la production est promise à l’exportation en particulier au Japon.

Aujourd’hui, le problème majeur réside dans la surveillance de ces zones, très convoitées par les pêcheurs extérieurs. Mais la solution viendra sans doute de multiplier ce type d’initiatives sur les côtes africaines.