Dans son dernier roman, paru le 16 août, Alain Mabanckou revient sur l’assassinat de Marien Ngouabi, président du Congo de 1968 à 1977.

L’auteur mêle avec brio l’histoire de la jeune République du Congo et celle de son double littéraire, Michel, présent dans son œuvre depuis Demain j’aurai vingt ans.

Ainsi l’on observe les changements politiques et les différentes menaces qui pèsent sur le pays, tout en suivant les aventures quotidiennes de Michel et sa famille, qui peine à joindre les deux bouts.

Loin d’être misérabiliste, le roman est souvent drôle et Michel a un caractère fort et c’est un esprit vif. Il aime s’asseoir à côté de son père sous le manguier et écouter la radio. Il démonte alors les mensonges d’Etat et des adultes, souligne leurs forces et leurs faiblesses. C’est en suivant le quotidien de Michel que l’auteur nous amène à l’assassinat du Président congolais Marien Ngouabi, qui avait pris le pouvoir en 1968. S’en suit un régime marxiste-léniniste, faisant chanter Michel tous les matins à l’école le chant soviétique Quand passent les cigognes.

L’assassinat du Président tue également son système politique, vite remplacé par une dictature militaire. Commence alors une purge tribaliste, touchant la famille de Michel en plein cœur, transformant le quotidien.

C’est un roman plein de poésie et d’humour que nous livre l’ancien prix Renaudot, entre nostalgie, dénonciation et amour familial.