Le cauri est un petit coquillage de la famille des porcelaines, originaire des Maldives. D’abord présents en Chine, les cauris ont été utilisés comme monnaie d’échange dans une partie de l’Afrique et de l’Océan Indien. Ils servaient également à financer la traite des esclaves au XVIIIème siècle. Leurs propriétaires montraient ainsi leur puissance et leur prospérité.

Aujourd’hui encore, le Bénin et le Burkina Faso se servent des cauris en complément du franc CFA. Il est l’emblème de la banque malienne de développement.

On leur prête aussi des vertus religieuses ; les prêtres animistes en paraient leurs vêtements, leurs masques ainsi que les objets de culte. On les retrouve en Casamance chez les Diola ou à l’est du Sénégal, chez les Bassari.

Symboliquement, les cauris sont utilisés pour les rites de fécondité. Les femmes les portent en ceinture autour des hanches pour augmenter leur chance de devenir mère.

Les rites divinatoires, avec le jeté de cauris, prédisent le bonheur et le malheur des personnes qui adhérent à ces pratiques.

Aujourd’hui, il est également devenu un accessoire de mode et de décoration incontournable. Certains bijoux coquillages atteignent même plus de 500 euros. Se travaillant facilement, on peut limer, percer ou couper la porcelaine  et la marier aisément à d’autres matières.

En 2018, la collection d’hiver Prada le mettait en valeur parmi ses modèles. Colliers, bracelets, chaussures, ornements de coiffure, sacs, les possibilités sont infinies.

Des créatrices talentueuses ont su tirer partie ce ce petit coquillage, parmi lesquelles :

Lafalaise Dion voulait trouver une tenue originale à l’occasion d’un festival : elle a donc crée une coiffe sertie de cauris, savant mélange de tradition, d’audace et d’excentricité. Elle fait sensation et une photo publiée par Vogue déclenche un succès fulgurant : elle doit produire une trentaine de parures qu’elle vend 150 000 F CFA soit environ 220 euros. Elle connaîtra un retentissement mondial quand Beyonce choisit sa coiffe pour le clip du « Roi Lion ».

Autre success story : la marque Niomshop, originaire d’Angola et aujourd’hui installée au Portugal, produit des sacs, employant une main d’oeuvre uniquement angolaise.

Au Kenya, Meiro Hassan, après un voyage découvre la richesse de l’artisanat Massaï. Avec la société Ishola, elle exporte des sandales perlées dans le monde entier. Une coopérative de 9 artisans réalisent les modèles qu’elle dessine.

Ce petit coquillage a connu une destinée unique et a sans doute de belles années devant lui…