Le Zangbeto est le seul masque qui vient du Bénin. Originaire de Porto-Novo, cette société secrète, fondée au XVIIIème siècle, jouait le rôle d’agent de police du roi et devait assurer la sécurité publique de la cité pendant la nuit, en chassant les esprits, les voleurs et les sorciers maléfiques.

On peut traduire Zan par nuit et Gbeto par chasseur, ce qui résume bien leur fonction.

Les masques  se présentent sous la forme de cases coniques en bambou recouvertes de paille colorée : on met au sommet des coussinets en feuilles de bananier pour porter les cases sans se blesser et des ouvertures sont placées au niveau des yeux. Sur les côtés, on ajoute des poignées pour permettre aux porteurs de déplacer la case plus facilement.

L’entrée dans cette société est réservée aux hommes et nécessite un rite initiatique. De plus, le prétendant doit s’acquitter d’une somme d’argent et doit également faire don d’animaux domestiques et de boissons sucrées et alcoolisées. Seuls les plus valeureux y sont admis : les initiés doivent alors prêter serment en jurant de ne révéler aucun des secrets du Zangbeto. L’identité des porteurs de masques reste donc inconnue.

Son aspect initialement violent a peu à peu disparu : il joue à présent le rôle de médiateur dans les conflits entre personnes ou entre villages. Il peut également aider la police dans sa lutte contre le banditisme.

Très vénéré, il est censé protéger les villages contre les forces du mal. On lui prête également le pouvoir de disparaître ou de se transformer en objet ou en animal.

Aujourd’hui, il est présent dans de nombreuses manifestations nationales ou internationales, tels le festival des Zangbetos et le festival des rituels et danses masquées du Bénin qui se tiennent tous les ans  à Abomey-Calavi et à Cotonou.

Les danses tournoyantes à la fois acrobatiques et mystiques sont rythmées par des chants et les sons des tambours : elles représentent un élément d’attrait touristique non négligeable et montrent la richesse de la culture béninoise.