Le film « Black Panther » aborde le sujet de l’obtention d’objets culturels africains par les musées européens. Dans le film, le personnage d’Erik « Killmonger » Stevens prend un « marteau de guerre » d’un British Museum et demande au conservateur : « Comment penses-tu que tes ancêtres ont eu ça ? Pensez-vous qu’ils ont payé un juste prix ? Ou ont-ils simplement pris ça … comme ils ont pris tout le reste ? » Le film aborde la question du retour des artefacts africains dans leurs pays d’origines, après avoir été transporté pendant la période coloniale. La plupart de ces artefacts proviennent des anciennes colonies françaises, belges et britanniques d’Afrique de l’Ouest, de l’Est et du Centre. Le président français Emmanuel Macron a indiqué qu’il ferait du retour de l’art africain une priorité de son administration.

« Je ne peux pas accepter qu’une grande partie du patrimoine culturel de plusieurs pays africains se trouve en France », a déclaré M. Macron à un groupe d’étudiants lors d’un discours prononcé en novembre 2017 à l’Université de Ouagadougou dans la capitale du Burkina Faso. « Le patrimoine africain ne peut pas être seulement dans les collections privées et les musées européens. »

Le Président de la République a également ajouté que « Le patrimoine africain doit être mis en avant à Paris, mais aussi à Dakar, à Lagos, à Cotonou. Au cours des cinq prochaines années, je souhaite que les conditions soient remplies pour la restitution temporaire ou permanente du patrimoine africain en Afrique « , a-t-il ajouté, parlant des crimes du colonialisme.

Le président du Bénin, Patrice Talon, a été le catalyseur de cette initiative d’Emmanuel Macron. P. Talon réclame le retour des trésors culturels et des objets d’art que la France a confisqué en tant que colonisateur des nations ouest-africaines. Le Bénin a d’abord appelé la France à rendre les objetsen 2016, suivi d’une lettre envoyée au président français de l’époque, François Hollande, par des législateurs et des groupes de la société civile du Bénin et de la France. On estime que la France a emporté 4 500 à 6 000 artefacts de 1892 à 1894 pendant la guerre franco-dahoméenne, y compris des statues, des sceptres et des trônes. Ces objets, ramenés par les autorités françaises et les missionnaires, ont été transférés dans des musées français tels que le Musée du Quai Branly et dans des collections privées.