Le paludisme représente la maladie parasitaire la plus importante au monde. En 2017, l’Organisation Mondiale de la Santé a évalué le nombre de personnes infectées à 219 millions. L’Afrique paye un lourd tribu en comptant 200 millions de malades.

Le réchauffement climatique va-t-il modifier ces données ? L’augmentation des températures pourraient gêner le développement des larves d’anophèles, le moustique vecteur de la maladie. Par ailleurs, l’élévation du niveau des mers génèrera des modifications dans la propagation du paludisme.

En Europe, on peut craindre un retour de la maladie, mais le bon niveau sanitaire et médical permet de rester raisonnablement optimiste.

Pour lutter contre ce fléau a été institué le Roll Back Malaria Partnership : il s’agit d’une coopération de plus de 500 organismes (états, fondations, recherches, banques, ONG, etc…) Ce programme, lancé dès 1998 dépend de l’OMS, du Fonds d’Urgence des Nations Unis pour l’Enfance, du Programme des Nations Unies pour le Développement et de la Banque Mondiale. Il s’agit de mutualiser et de coordonner les compétences afin de freiner le développement de la maladie. Grâce à son action, 4,3 millions de décès ont pu être évités.

Néanmoins, la résistance aux insecticides ainsi qu’aux traitements médicamenteux préoccupent les chercheurs.

Un nouveau projet, l’Action et Investissement pour vaincre la Malaria a vu le jour avec de grandes ambitions : l’objectif est de réduire le taux de mortalité et les nouvelles infestations de 90% et d’éradiquer purement et simplement la maladie dans 35 pays à l’horizon 2030. Il faudra également empêcher sa propagation aux zones non infestées.

Le coût de cette opération s’élève à 101 milliards de dollars et 673 millions de dollars seront nécessaires chaque année afin de financer la recherche. Par le passé, des espoirs de traitement ont été évoqués, jusqu’ici sans succès. Un nouveau vaccin est actuellement à l’étude, mais ne concernerait pas tous les types de paludisme. Si il voit le jour, ce sera le premier vaccin anti-parasitaire.

En Europe, avec la  propagation du moustique tigre, quelques cas de dengue et de chikungunya ont été détectés, principalement dans tout le bassin méditerranéen. L’accroissement des voyages augmente également le risque épidémiologique ce qui pousse les autorités à une vigilance accrue.

La propagation du paludisme est donc multi-factorielles, le réchauffement climatique ne sera donc pas le seul paramètre à prendre en considération dans la lutte contre cette maladie.