Le Grand Magal de Touba s’est déroulé le 17 octobre : l’une des plus grandes fêtes religieuses du Sénégal, rassemble à Touba, lieu saint des Mourides, entre 4 et 5 millions de pèlerins venus de tout le Sénégal, mais aussi des pays limitrophes.

En wolof, Grand Magal signifie : rendre hommage, célébrer. On commémore ainsi le départ en exil en 1895 de Cheikh Amadou Bamba, arrêté et exilé pour des raisons politiques et religieuses. En effet, les autorités coloniales françaises craignaient qu’il n’utilise sa popularité grandissante pour organiser un soulèvement…qui ne se produisit jamais. Il s’installa au Gabon pendant 12 ans: son mouvement religieux a connu son essor le plus notable pendant cette période.

Aujourd’hui, les disciples de Cheikh Amadou Bamba visitent la grande mosquée et le mausolée où il est enterré pour se souvenir de son exil, de ses enseignements et lui rendre ainsi hommage.

Le Grand Magal existe depuis 1928, année ayant suivi la mort d’Amadou Bamba.

Pendant cette journée, des khassaïdes, poèmes diffusés par la mosquée jour et nuit, sont suivis par les fidèles, conjointement avec des déclamations du Coran. Des actions de grâce sont célébrées en offrant des repas aux plus démunis, selon les ressources de chacun.

Des règles strictes sont également imposées pendant ce pèlerinage : pas de débardeurs ou de chaînes pour les hommes ; têtes couvertes et pas de jupes fendues pour les femmes. De plus il est interdit de vendre des cigarettes, des postiches ou des produits de dépigmentation.

La sécurité de la ville sainte a été assurée par 1100 gendarmes et 2538 policiers déployés sur le terrain. Si quelques difficultés ont émaillé le Grand Magal, telles des coupures d’eau ou d’électricité, cela n’a pas eu d’incidence sur la ferveur des pèlerins.

Le président Macky Sall s’est rendu sur place le vendredi 11 octobre pour assister à la Grande Prière avant de rencontrer le khalife général des Mourides.

Autour de la Grande Mosquée, édifice le plus important de Touba et l’une des plus grandes d’Afrique, cette fête populaire et de partage reste un des événements marquants de l’année au Sénégal et dans le monde musulman.