Il est difficile de trouver un instrument plus emblématique de la musique africaine que le djembé. Et pourtant, son histoire si riche est méconnue, et la beauté de sa musique n’est pas toujours appréciée à sa juste valeur.

Un instrument ancestral

L’invention du djembé remonte au XIIIème siècle et à l’Empire du Mali, qui régnait sur une grande partie de l’Afrique du Nord-Ouest. Les griots, aussi appelés «Journalistes de l’Afrique», voyageaient de ville en ville pour partager les nouvelles de l’Empire. Devant cette tâche difficile, on inventa un tambour pour qu’ils se fassent entendre plus facilement : le djembé était né. Son utilisation dépasse vite le cadre de la communication, et il devient indissociable des fêtes de village et des danses africaines.

Un développement international très récent

Lors des années 1960, il commence à s’exporter hors d’Afrique grâce aux différents Ballets Nationaux africains, notamment celui de Guinée. Plus tard, de grands djembefolas organisent des tournées dans le monde entier, et créent des centres d’apprentissage, comme Mamady Keïta ou Famoudou Konaté. Le djembé, associé à d’autres instruments, africains ou non, séduit le monde entier par ses sonorités larges et novatrices.
Plus récemment, Noel « Toca » Rivera, percussionniste du chanteur américain Jason Mraz, popularise l’instrument sur la scène pop-rock en l’associant à la guitare lors d’une tournée. On l’entend aujourd’hui souvent hors du cadre de la musique africaine.

Une composition typiquement africaine

Les différents types de bois utilisés pour le djembé sont le lengue, l’iroko ou encore l’acacia, tous des arbres emblématiques de l’Afrique, et qui offrent à cet instrument sa résonnance et ses tonalités uniques. Les djembefolas frappent sur de la peau de chèvre, d’antilope, et parfois de chameau, des animaux typiques du continent. Devant le développement du végétarisme, des djembés en synthétiques ont même vu le jour.