La 58e édition de l’International Art Exhibition à Venise a débuté le 11 mai et se terminera le 24 novembre 2019. Pendant plus de 6 mois, des artistes venus de tous les continents sont venus présenter leurs œuvres contemporaines, toutes raccrochées au thème de cette année : « May you live in interesting times » (« Puissiez-vous vivre en des temps intéressants »).
“Interesting times” peut être compris sous plusieurs sens, y compris dans le sens de temps troublés, précaires, changeants. L’exposition est donc l’occasion d’adresser des sujets comme la tradition, les institutions, les périodes d’après-guerre. Cette année, plusieurs pays sont représentés via des pavillons nationaux, parmi lesquels l’Afrique du Sud, les Seychelles, le Zimbabwe, le Ghana, Madagascar, l’Algérie, la Côte d’Ivoire et le Mozambique.

Les nouveaux venus : le Ghana et Madagascar

Le Ghana et Madagascar participent pour la première fois à la Biennale, mais ils ne remportent cependant pas le Lion d’Or cette année, qui a été attribué à la Lituanie.
Le pavillon du Ghana, intitulé « Ghana Freedom » et mis en scène par l’architecte David Adjaye, abrite les œuvres de trois hommes et trois femmes, de toutes les générations, et allie tous les arts ; entre cinéma, sculpture, peinture et photographie. Le pavillon retrace à la fois l’histoire et le présent du pays, illustrés au travers les différents travaux de John Akomfrah, Felicia Abban, El Anatsui, Ibrahim Mahama, Lynette Yiadom-Boakye, et Selasi Awusi Sosu.
De son côté, Madagascar, représenté par l’artiste Joël Andrianomearisoa, s’est fait remarquer par son « Labyrinthe des passions », installation dans la quelle le visiteur peut se promener, comme s’il se plongeait au cœur de son inconscient.

L’Afrique à la biennale

Les pays Africains sont représentés de manière irrégulière à la Biennale. Certains, comme l’Afrique du Sud, y sont présents tous les ans, cette dernière ayant loué un espace pour 20 ans sur le port l’Arsenal. D’autres apparaissent certaines années seulement.
La Biennale de Venise est pour les artistes contemporains, un réel tremplin vers la scène artistique internationale. C’est pourquoi de nombreux artistes Africains tiennent à y présenter leurs œuvres, dans l’espoir de sortir du lot et de se faire remarquer par des collectionneurs ou conservateurs. La présence de ces artistes africains à la Biennale donne également une image nouvelle de l’art contemporain africain, pleinement intégré dans l’art contemporain à l’international. La Biennale donne une visibilité à ces artistes et à l’art africain en général.
En parallèle, cette exposition à la Biennale peut encourager les artistes africains à davantage promouvoir leurs œuvres dans leur propre pays, en créant des musées ou des galeries. C’est ce que confiait l’artiste Ghanéen Ibrahim Mahama au journal Le Monde : « Il faut que notre pavillon soit le point de départ pour un futur musée au Ghana ». En exposant à l’international, l’objectif est donc aussi de développer la culture dans les pays d’Afrique, et y encourager la création artistique.