Lors de sa visite au Sénégal, le premier ministre français Edouard Philippe a remis au président Macky Sall le sabre d’El Hadj Omar Saïdou Tall, fondateur de l’empire Toucouleur.

Cette pièce unique composée de fer, laiton, cuivre et bois était exposée au Musée de l’Armée à Paris.

Le président Macron s’est engagé à commencer à restituer son patrimoine culturel à l’Afrique : il s’est appuyé pour cela, sur le rapport de Bénédicte Savoy, historienne d’art et de Felwine Sarr, intellectuel sénégalais

Dans certains états africains, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer le retour dans leur pays d’origine, des œuvres d’art présentées au Louvre, au Musée de l’Armée des Invalides ou au Musée du Quai Branly-Jacques Chirac.

Ils devront alors établir un inventaire et les restitutions seraient organisées à partir de 2022. De son côté, le parlement français devra modifier le cadre législatif pour permettre le transfert de propriété de ces objets.

L’initiative française suscite néanmoins quelques polémiques. Pour le moment, les négociations se mènent d’état à état, donc il sera sans doute très difficile de le faire avec les musées privés, les collectionneurs ou les galeries d’art. D’autre part, la Belgique, l’Allemagne, la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis vont-ils devoir s’aligner sur la position française ? Certains craignent également de voir les musées se vider et doutent de la capacité des pays africains à accueillir et préserver ces objets.

On ne peut toutefois nier que la demande des pays africains est des plus légitime. Il faut rappeler que l’Afrique subsaharienne a été dépouillée pendant des décennies et que 90% de son patrimoine serait conservé à l’étranger.

L’appropriation de ces œuvres s’est faite dans des conditions contrevenant à l’éthique. Le musée des Civilisations Noires, récemment inauguré à Dakar, pourrait être un écrin parfait pour accueillir ces trésors, comme bien d’autres musées sur le continent africain.