Qui n’a jamais été impressionnée par une magnifique démonstration de capoeira ? Ce que beaucoup de gens ignorent, c’est que cet art martial, certes indissociable de la culture brésilienne, est en fait d’origine africaine.

Inventée par les esclaves

Les inventeurs de la capoeira sont des esclaves africains vivant au Brésil à l’époque coloniale. Ceux-ci s’entrainaient à pratiquer la lutte africaine, et masquaient cela comme une forme de danse accompagnée de musique et de chants. La capoeira était aussi pratiquée dans les quolimbos, les refuges d’esclaves en fuite. Le nom « capoeira » lui-même vient des zones rurales ou les esclaves travaillaient.
La capoeira survit à l’indépendance du Brésil en 1822 et l’abolition officielle de l’esclavage en 1888, mais devient un délit en 1890. Elle est alors surtout pratiquée par les brigands locaux pour régler leurs comptes, et sa réputation est au plus bas. Ce n’est qu’en 1930 que la première école de capoeira est fondée. Le but est de redorer le blason de ce sport. En 1952, le Président Vargas déclare que la capoeira est un « sport national », ce qui lui donne un nouvel essor et la rend extrêmement populaire, à l’instar du football

Une diffusion internationale

Dans les années 1980, des professeurs de capoeira partent du Brésil pour s’installer dans le monde entier et fonder des écoles pour enseigner leur art. A la même période, certains afro-descendants s’investissent dans la pratique de ce sport pour se le réapproprier.
De nos jours, la capoeira est sans nul doute un des arts martiaux les plus populaires du monde. A l’instar du taekwondo, elle peut être dissociée du combat et admirée pour son unique beauté. La pop culture a également intégré ce sport : dans l’univers cinématique Marvel, Black Panther alias T’Challa s’inspire de la capoeira pour ses combats. Cette pratique d’origine africaine est partie intégrante du patrimoine immatériel brésilien, mais aussi mondial.