Lundi 29 avril 2019. Alors que le monde de la mode a les yeux tournés vers le crépuscule de Marrakech, le palais El Badi s’illumine à la lueur de centaines de bougies et des spots. Ce soir-là, et pour la première fois dans ce pays, Dior présente le défilé de sa nouvelle collection Croisière 2020, devant quelques 800 invités dont Jessica Alba, Lupita Nyong’o ou encore Diana Ross.

Un évènement de grande envergure

Ces défilés Croisières, ou « Resort », visant à présenter les collections de mi-saison, revêtent une importance capitale pour la marque, puisqu’ils sont attendus et suivis mondialement. Un événement que Maria Grazia Chiuri, directrice artistique de Dior depuis 2016, prend particulièrement à cœur.

En effet, la styliste italienne aime à ce que ses défilés aient du sens. Tantôt féministe, tantôt minimaliste, elle s’est engagée cette fois-ci pour l’échange et célèbre la diversité avec cette nouvelle collection « Common Ground » (terrain d’entente en français).

Un dialogue entre l’Europe et l’Afrique

Palmiers stylisés, wax, imprimés jungle ou savane… C’est donc tout naturellement que l’on y retrouve un panel fantastique de motifs ou tailles africaines revisités, ainsi que de multiples références aux cultures du continent.

Mais il ne s’agit pas seulement de « copier » la mode africaine : c’est en fait à tout le savoir-faire africain que Dior rend hommage. Forte d’échanges, Maria Grazia Chiuri n’a pas hésité à faire appel à de nombreux stylistes de tous horizons. Parmi eux : la Nigériane Daniella Osemadewa et l’Afro-Caribéenne Martine Henry pour les chapeaux et turbans ; l’Ivoirien Pathé Ouedraogo, aka Pathé’O, pour une chemise à l’effigie de Nelson Mandela ; l’Afro-Américaine Mickalene Thomas pour une revisite du tailleur bar…

Un hommage au savoir-faire africain

Les « petites mains » sont également mis en lumière dans ce défilé. Uniwax, société ivoirienne de textile africain s’est vu attribuer le processus compliqué de fabrication des tissus wax pour le défilé.

Les décors, quant à eux, ont été façonnés avec l’aide de l’association marocaine Sumano, ambassadrice pour la protection de l’artisanat féminin de l’art du tissage, de la peinture céramique et de la teinture végétale. En plus du splendide manteau tissé et peint à la main présent sur scène, Sumano s’est également chargé des différentes céramiques décorées, des coussins tissés et ornés d’henné ainsi que des tissus sur les fauteuils.

 

Ce défilé de Marrakech, c’est donc un hymne au partage et à l’échange. Pas seulement entre créateurs européens et africains, ni même seulement entre les différentes traditions africaines, mais également entre marque de luxe mondialement connue et petites mains au savoir-faire authentique.

Rien que pour cela, ce défilé ne pouvait qu’être une réussite.