Le 15 novembre dernier, l’application Beeso et son fondateur, Jacques Ngatse Obala, ont reçu le second prix dans la catégorie culture lors de l’ Afrique Community Award. M.Ngatse a accepté de répondre à nos questions.

 

Bonjour M. Ngatse, vous êtes le fondateur de l’application Beeso, pouvez-vous nous parler de votre projet ?

Bonjour a tous, en quelques mots : BEESO (se prononce « bisso » ) est une plateforme collaborative qui met en lien des utilisateurs à travers la France – pour l’instant – qui ont la particularité d’avoir un tropisme afro. Ce réseau social se veut être la référence pour une communauté de personnes en quête d’Africanité dans tous les domaines de la vie quotidienne : musique, restauration, actualités, culture, art, exposition, soirée, salon. L’ambition de BEESO est de devenir un cyber-espace privilégié pour les Afropolitains et pour ceux qui souhaitent découvrir la culture afro.

Comment fonctionne votre application ?

Le fonctionnement de Beeso est très simple. L’inscription ne prend pas beaucoup de temps et le site est disponible depuis votre navigateur web ou via une application mobile (app store/ Androïd) sur votre smartphone. C’était important pour nous que chacun puisse transporter son bout d’Afro dans sa poche ou au creux de la main. Car, finalement, le réseau social vit et grandit grâce à ses utilisateurs. L’interface d’accueil regroupe les profils que vous suivez et l’utilisation suit le même modèle que les réseaux sociaux traditionnels : on like quand cela nous plait, on peut tchiper aussi, on peut accéder à un market place, écrire des articles, poster les photos de son évènement de samedi soir. La force de Beeso est de créer un référentiel selon chaque item posté, de cette façon cela permet un meilleur référencement d’un profil utilisateur, qui parvient plus facilement à échanger, partager, liker d’autres beesos ayant les mêmes centres d’intérêt.

 

Et vous ? Accepteriez-vous de vous présenter à nos lecteurs ?

Bien sûr ! Je m’appelle Jacques Ngatse Obala. Dans la vie je suis développeur web. J’exerce ce métier depuis 6 ans, après avoir obtenu une licence de mathématiques appliquées au sciences sociales et un master en école d’informatique Epita – qui a d’ailleurs publié un article sur BEESO dans son magazine Ionis le mois dernier. Je suis un amoureux de la culture afro, sous toutes ses facettes, et étant né à Brazzaville et ayant passé une grande partie de mon enfance au Congo, j’ai développé au fur et à mesure de mon parcours de vie le manque de ma communauté d’origine. Je crois que c’est le fil conducteur de ce projet : réunir une communauté forte, qui utilise les bons outils pour se mettre en valeur. Avec BEESO comme site de référence j’espère répondre à une attente que tous les afropolitains ont déjà eu, je pense, le besoin de former une communauté inclusive pour nous et par nous.

Comment avez-vous eu l’idée d’un tel projet ?

L’idée de ce projet m’est venu alors que j’étais en déplacement sur Lille et que je cherchais désespérément un restaurant africain. J’avais cette envie de soya, d’une bonne sauce rouge pimenté et de bananes plantains. En bref, le genre d’envie qui peut devenir obsessionnelle et c’était le cas puisque j’ai passé trois longues heures à éplucher Google, et les pages internet des restaurants éparpillées sur le web, parfois illisibles ou dont les images ne faisaient pas honneur aux doux plats de mon enfance. Je me souviens au bout de trois heures, de mettre rappeler du nom du restaurant de l’ami du frère d’un de mes amis ! Et c’est ainsi que Beeso est venu à mon esprit – alors que je dégustais une brochette de viande braisée. « Pourquoi la communauté afropolitaine manque de structure, et n’utilise pas le web de la meilleure des façons afin de rayonner ? » «  Comment transformer le bouche à oreille typique de chez nous en un catalogue qui garde les traces et les noms et propose à un établissement de s’auto référencer ? » «  Comment créer de nouveaux codes en conservant le particularisme des afros pour devenir une communauté ouverte sur le monde et surtout prête à recevoir ce monde ? ». Voici les questions qui m’ont amené à penser Beeso.

 

Avez-vous dû faire face à des difficultés ?

Lancer un projet rime forcément avec difficultés et je pense que cela est nécessaire à la progression du projet et à la transition de l’idée vers le concret. Justement la difficulté majeure que nous avons à gérer est que BEESO est tout récent finalement. Le lancement a eu lieu en Avril 2018 et nous avons du faire face à un véritable engouement ! Il a donc fallu établir une stratégie afin de garantir l’innovation technique, de permettre l’augmentation du nombre d’inscrits et de développer les collaborations avec les professionnels qui souhaitent être répertoriés sur BEESO. L’année 2019 marque donc un certain nombre de challenges pour que BEESO se montre à la hauteur des attentes de ses utilisateurs.

 

Et quels résultats espérez-vous ?

Bien, cette question est dans la continuité de ma réponse précédente. Au lancement du projet, je ne m’attendais pas à ce que les personnes s’approprient aussi bien l’idée. Mais je pense que cela s’explique du fait que Beeso met le doigt sur des besoins. Les utilisateurs veulent contribuer à Beeso car ils ont ces besoins et ils perçoivent que Beeso peut y répondre.
Nous espérons passer certains caps au niveau du taux d’utilisateurs inscrits d’ici le premier trismestre 2019. Cela nous permettra de proposer des partenariats commerciaux de location d’espaces publicitaires pour des entreprises afrocentrées sur notre plateforme.
2019 s’annonce comme une année charnière pour le projet puisque la phase d’adoption par les utilisateurs touchera à son terme, il sera donc question de favoriser des leviers de croissance via des partenariats afin de pouvoir améliorer nos services.

 

Que représente la distinction de l’Afrique Community Award pour vous ?

C’est le tout premier prix que BEESO reçoit donc je retiendrais Afrique Community Award comme le premier baptême du projet. La symbolique est importante pour nous, jeunes entrepreneurs. Nous mettons des heures et sacrifions beaucoup pour concrétiser nos idées. Ce genre de prix permet de récompenser les efforts faits. Cela redonne également du souffle. Je remercie toute l’équipe derrière l’organisation d’Afrique Community Award, et c’est un premier pas qui marque le lien fort qui, j’espère, continuera à prospérer entre nous.

 

Qu’avez-vous pensé de la cérémonie de remise de prix du 15 novembre dernier ?

Cette cérémonie était pleine de bonnes énergies. J’ai vraiment adoré rencontrer les autres porteurs de projets et découvrir une diaspora africaine inspirée et inspirante. Je souhaite que l’année 2019 voit tous ces beaux projets à leur apogée. Je pense que la distinction Afrique Community Award est un prémisse de ce qui nous attend tous dans les années à venir.

Un grand merci pour vos réponses et encore toutes nos félicitations pour ce prix de la part de PortailAfrique!