Décédé le 16 juillet 2019 à 66 ans, Johnny Glegg a marqué l’Afrique du Sud par sa musique. Le chanteur sud-africain mêlait une culture pop occidentale à une influence des sons zoulous. Fervent opposant à l’Apartheid, il était un symbole d’une multiculturalité positive en Afrique du Sud. Défenseur des cultures africaines, amoureux d’une culture zoulou qui se retrouve dans toutes ces créations musicales et chorégraphiques, on lui attribut le surnom du « Zoulou blanc« . Sa chanson la plus célèbre Asimbonanga (1987) rend hommage à Nelson Mandela alors que la plupart de ses musiques portent ce thème de lutte contre l’Apartheid en Afrique du Sud.

Le parcours d’un artiste engagé

Né au Royaume-Uni en 1953, il vient ensuite s’installer en Afrique du Sud avec sa mère où il grandit et s’engage progressivement dans la lutte contre l’Apartheid. A son arrivée en Afrique du Sud, il vit d’abord isolé de toute culture africaine alors qu’il entre dans une école réservée aux sud africains blancs. C’est plus tard, alors qu’il déménage en Zambie, qu’il intègre une école mixte où il va se familiariser avec les cultures africaines.

Il s’initie à la guitare à quinze ans et rencontre des artistes zoulous à son retour en Afrique du Sud qui vont progressivement le familiariser avec la langue, la culture et l’art zoulou. Il se produit notamment dans des centres d’hébergement de travailleurs migrants, l’un des seuls lieux où les lois de l’Apartheid ne font pas foi, et où les cultures se rencontrent. Il joue avec  Sipho Mchunu, avec lequel il sort en 1976 leur premier album Woza Friday.

Du Zoulou blanc au succès planétaire

En 1979, le duo Johnny-Sipho prend le nom de Juluka. Alors que leur premier album est d’abord censuré en Afrique du Sud, toujours régie par le système d’Apartheid, leur deuxième album connait lui un énorme succès national. En 1985, le groupe se sépare et Johnny forme son second groupe, Savuka. Leur premier album Third World Child est un succès planétaire, notamment avec les titres Asimbonanga et Scatterlings of Africa.