Hailé Sélassié, est né le 23 juillet 1892 sous le nom de ras (« Duc ») Tafarí Makonnen (Tafarí : Celui qui est redouté) ; il est le neveu de Ménélik II (1889 – 1913) – Empereur qui a accompli les premiers pas vers la création d’un État unifié et moderne – et serait, selon la légende, le 25ème descendant direct de la dynastie du roi Salomon et de la reine de Saba.

Très tôt, il s’initie aux responsabilités du pouvoir et à treize ans, son oncle lui confie le gouvernement de la province du Gura Muleta. Sa volonté de fer, sa passion pour l’étude (il a été élève chez des missionnaires français) l’aident à surmonter les limites que lui impose une santé précaire et à venir à bout des difficultés que lui suscite son cousin Lij Yassou. Ce dernier, qui est l’héritier présomptif, complote avec l’Allemagne contre le pouvoir central. Il est cependant très vite écarté.

Et finalement, en septembre 1916, le ras Tafarí est proclamé régent de la couronne et prince héritier. Il accède au trône quatorze ans plus tard, à la mort de sa cousine (1930). C’est à ce moment-là qu’il prend le nom Hailé Sélassié 1er, ce qui signifie « pouvoir de la Trinité ».

Une fois sur le trône, Haïlé Sélassié poursuit la politique de modernisation progressive lancée par Ménélik II. Il fonde notamment l’Organisation de l’Union Africaine (OUA) qu’il dirige pendant de nombreuses années.

Son règne est marqué par une interruption entre 1936 et 1941 à cause de l’occupation italienne. Il a été dans les premiers à dénoncer le fascisme en Italie. Son discours prononcé à la tribune de la Société des Nations à Genève est d’ailleurs devenu historique.

L’empereur revient finalement en 1944, et règne jusqu’en 1973, mais la crise économique débouche sur une révolution en 1974.  Il est alors déchu et meurt l’année suivante le 27 août 1975 en prison. Il se sera toujours battu pour l’indépendance de l’Ethiopie.