La jeune photographe et artiste libano-togolaise expose à Grand Popo, dans le sud-ouest du Bénin jusqu’à la fin de l’année.

Les dessins, illustrations et portraits photographiés entre le Bénin, le Togo et le Ghana de 2016 à 2019 ont tous un point commun : mettre en valeur la chevelure crépue des femmes africaines. Par ce biais, Mounia Youssef appelle à « s’émanciper de l’esclavage de la beauté »

Elle peint des portraits de femmes tenant le célèbre peigne afro, symbole du mouvement des droits civiques aux USA et du Black Power. Sur d’autres toiles des slogans féministes empruntés à la communauté noire américaine sont imprimés et retravaillés : « More power to women all over the world », « Emancipate yourself from beauty slavery », « Ne nous libère pas, on s’en charge ». L’art, pour Mounia Youssef est avant tout une forme de revendication.

Pour elle, glorifier les cheveux afro, c’est poser une interrogation afin de faire évoluer les mentalités : le changement grâce à l’art !

Les cheveux sont le reflet de l’âme : pas besoin de recourir au tissage, lissage, défrisage ou rajouts en synthétique, le cheveu naturel est une manière de revendiquer son identité de femme africaine sans se soucier des diktats occidentaux.

Dans les allées de l’exposition, beaucoup de femmes ou de jeunes filles sont touchées par le message délivré par l’artiste et seront sans doute demain, les vecteurs de cette beauté au naturel et sans artifices inutiles.