Le président sénégalais Macky Sall a annoncé samedi le décès à Dakar du chanteur Samba Diabaré Samb à l’âge de 95 ans. Il lui a rendu hommage en déclarant « Il était le symbole de la dignité et du lien social« . Il a été enterré à Tivaouane.

Le doyen des artistes sénégalais, issu de la tradition des griots, était un virtuose du xalam, luth à 3, 4 ou 5 cordes.

En 2006, l’UNESCO l’avait élevé à la dignité de « trésor humain vivant« , en même temps que Joseph Ndiaye, conservateur de la maison des esclaves de Gorée, ainsi que du maître tambour Doudou Ndiaye Rose.

Né en 1924 dans une famille de griots de la confrérie de Tidjane, il connaît la célébrité en 1960, peu avant l’indépendance du Sénégal, par le biais de l’émission télévisée « Senegal Demb » consacrée à l’histoire et au patrimoine du pays.

Il fonde ensuite avec son ami Amadou Ndiaye Sam, l’ensemble lyrique traditionnel du théâtre national Daniel Sorano de Dakar.

En 1969, il crée sa chanson phare « Saaraba » qui entre dans le Panthéon de la musique sénégalaise.

Sa virtuosité au xalam, ce don quasi mystique, le conduit à tenter de transmettre la passion de cet instrument aux jeunes générations. Son engagement lui vaut le surnom de « baayu ndaanaan yi » : père des artistes en wolof.

Son oeuvre est reconnue internationalement et il a obtenu de nombreuses récompenses : chevalier de l’ordre des palmes académiques en 1983, officier de l’ordre du mérite en 1984, commandeur de l’ordre du mérite en 1990 et officier de l’ordre des arts et lettres en 2002.

Ce musicien hors pair, grand humaniste, unanimement apprécié, est un témoin éclairé de son époque. Il a oeuvré toute sa vie pour la popularisation de toutes les musiques sénégalaises.