« Atlantique » est le premier long-métrage de la réalisatrice Mati Diop. Ce film franco-belgo-sénégalais a été tourné entièrement en wolof, et il est interprété par Mame Sane, Ibrahima Traoré et Amadou Mbow. Couronné par le Grand Prix au dernier Festival de Cannes, « Atlantique » a également remporté le prix Mary Pickford de Toronto.

Dans la banlieue de Dakar, des ouvriers ne percevant plus leur salaire depuis des mois, décident de prendre la mer pour tenter d’atteindre un avenir meilleur. Parmi eux, Souleiman qui laisse Ada derrière lui. Celle-ci épouse un homme riche, mais la cérémonie est dévastée par un incendie tandis que les jeunes filles du quartier tombent malades les unes après les autres. Issa, un jeune policier enquête sur ces phénomènes : il n’imagine pas que les esprits des noyés se manifestent : certains crient vengeance, Souleiman, lui, veut faire ses adieux à Ada.

Cette bouleversante histoire d’amour nous offre aussi un autre regard sur l’immigration. Mêlant rêve et réalité, Mati Diop bâtit une fable puissante et onirique. L’originalité du film réside dans son point de vue particulier : la parole est donnée aux femmes, mères ou soeurs restées au pays, tandis que les ceux qui ont péri en mer leur répondent.

On peut évoquer aussi le mythe de l’Atlantide avec ces jeunes africains se jetant à la mer pour atteindre une terre de légende.

Le ton mi-social, mi-fantastique de cette oeuvre inclassable donne toute sa force au film dont on ne sort pas indemnes, envoûtés par cette histoire, ce Roméo et Juliette sur fond d’immigration.

Le film a reçu un accueil très chaleureux lors de sa sortie au Sénégal cet été. On lui souhaite la même réussite en France à partir du 2 octobre dans les salles.