Le Nigéria est le pays le plus peuplé d’Afrique. Le nombre important d’habitants et les différentes infrastructures peu adaptées rendent la gestion des consommations et des déchets très difficile.

Mais de plus en plus d’initiatives créatives se développent et cherchent à donner un nouvel usage à une multitude de matériaux qui seraient sinon bien vite jetés, à commencer par le pneu. Il s’agit de repenser le déchet pour renforcer la force économique du pays et donner une chance à une approche plus environnementale de ce mode de consommation.

Le pneu, un déchet encombrant et dangereux

Le pneu est fait à 60% de caoutchouc synthétique et 40% de caoutchouc naturel. Il contient également de la silice et du noir de carbone pour sa résistance à l’usure et aux déchirures, et encore d’autres éléments chimiques selon les différents fabricants. Le pneu est donc un objet aux composants compliqués, qui le rend de ce fait difficile à transformer.

Usés, ils sont très souvent éliminés par combustion, pour des bûchers ou autre. Une solution qui n’en est pas vraiment une : en brûlant, les composants rejettent des substances toxiques très dangereuses pour l’homme et l’environnement de façon générale.

Les amasser dans des décharges improvisées est également risqué : retenant l’humidité, ils sont de véritables nids à moustiques qui peuvent propager toutes sortes de maladies.

Le pneu soulève donc de nombreuses problématiques. Pris en charge, il peut cependant être prometteur.

Ernest Nkwochan, le sculpteur

Ernest, c’est un artiste dans l’âme. Après une enfance créative, il se spécialise dans la sculpture durant ses études à l’université. C’est également à ce moment-là qu’il décide d’allier ses talents aux convictions qui lui sont chères : la préservation de l’environnement.

Soucieux des problèmes de déforestation, il refuse d’y participer, même dans une moindre mesure par le biais de sculptures sur bois. C’est alors qu’il a une idée inédite : il utiliserait le pneu.

Outre ce matériau étonnant, Ernest Nkwochan s’illustre également avec des motifs proches de la nature. De ses mouvements naissent la plupart du temps des animaux, domestiques comme sauvages. Une façon pour lui de servir la cause animale également !

Et son travail paie. Sa notoriété grandit au fur-et-à-mesure de ses œuvres, boostée par quelques interviews dans les médias locaux, ou encore par sa présence au TED x à Ikeja en début de mois.

Olabanke Banjo, la décoratrice d’intérieur

Le bricolage et la récup’ ont toujours fait partie du quotidien d’Olabanke Banjo. Petite, elle transformait les boucles d’oreille orphelines en pendentifs et broches. Cet instinct lui est revenu quelques années plus tard, quand ses voisins s’apprêtaient à se débarrasser d’un tas de pneus usagés entassé dans leur jardin. La jeune femme prend alors de son temps libre pour leur donner une deuxième chance : la marque de meubles faits d’objets réutilisés Cyrus54 était née. Les pneus deviennent des tables tendance, de toutes formes et pour tous les goûts ! Aujourd’hui, elle se lance l’objectif de réutiliser pas moins de 500 pneus par an.