Venu du hip-hop et de Belgique, le Congolais Baloji vénère Léo Ferré, Marvin Gaye ou encore Joy Division. L’auteur-chanteur-compositeur originaire de Lubumbashi exporte aujourd’hui son univers halluciné en vidéo.

Sorcellerie, science occulte et hyper-créativité

Autour de l’artiste Belgo-Congolais rôdent des esprits. Son père l’a baptisé « Baloji », du swahili « homme de la sorcellerie et de la science occulte », en hommage à un guérisseur qui l’avait sauvé d’une maladie grave à l’enfance. Né au Congo Kinshasa, c’est en 1981 que l’artiste, alors jeune pouce de 3 ans, débarque à Ostende, en Belgique, en compagnie de son père. Vingt-cinq ans plus tard, l’artiste forge ses premières armes en faisant parti d’un groupe de rap belge, « Starflam« , qui aura connu son heure de gloire sur la scène locale.

Pourtant, sa vie au plat pays n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Son père, alors reparti vivre au pays quand il avait 13 ans, est porté par la musique et lui permet de surmonter toutes ces épreuves de la vie. Ainsi, il fait la rencontre du R’n’B, du Rap, de la chanson, ou encore de la soul vintage des grands frères DJ. A Liège, où il a élu domicile pendant sept ans, l’artiste complet vit au-dessus d’un disquaire et découvre stupéfait que le « rock à guitares brutes », de Joy Division aux Black Keys, peut aussi avoir son côté « groovy ».

Mais la musique de Baloji est résolument hip-hop. Dans sa manière de mélanger les genres d’abord, l’afrobeat comme les musiques électroniques sont convoqués pour porter le flow de cet artiste complet. Auteur-compositeur, Baloji est avant tout un poète, et un rappeur, amateur de sample, au grand talent de storyteller. D’ailleurs, il a conçu son troisième opus, « 137 Avenue Kaniama » comme un long plan-séquence. Les 14 morceaux qui le composent, en partie autobiographiques, sont truffés de fausses répliques de films et de vraies références cinématographiques, allant de Jean-Luc Godard à Michel Gondry.

Univers en friction

Poète, compositeur, acteur, styliste, ou encore rappeur, Baloji est un touche-à-tout par excellence. Ses projets musicaux n’ont néanmoins rien de brouillon et s’inscrivent dans une démarche artistique qui fusionne les genres, initiée en 2008 avec son premier album solo, « Hotel Impala« , certifié disque d’or.

« 137, avenue Kaniama », quant à lui, est une allusion à l’adresse de sa mère à Lubumbashi, en RDC, où il l’a retrouvée plus de vingt-cinq ans après l’avoir quittée. BO fleuve d’une vie, celle d’un enfant qui a refait surface dans les eaux internationales de la diaspora, d’un artiste de l’immigration qui n’a pris racine ni à Ostende, ni à Kinshasa, mais incarne au contraire la synthèse des vieilles musiques noires de tous bords et du nouveau hip-hop francophone.

Savant mélange d’influences hip-hop, funk, électro et de sons africains, son troisième opus, puise dans l’héritage musical des années 70. Ses textes ciselés abordent des sujets variés comme l’industrie du disque, les relations affectives ou encore, la politique en République démocratique du Congo, pays qui l’a vu naître.

Streamez en toute légalité le dernier opus de l’artiste !