Aftown, contraction d’African et de Town, est une plate-forme de streaming musical qui revendique 55 000 abonnés. Elle a été cofondée par Jefferson Seneadza, jeune entrepreneur de 31 ans, natif d’Accra et ayant étudié en Australie. Si Aftown fonctionne sur le modèle de ses grandes sœurs occidentales Spotify ou Apple Music, sa philosophie est bien différente.

En effet, elle s’attache à promouvoir la musique locale et à signer uniquement des artistes africains ; 70% des bénéfices de la société sont reversés aux artistes. Seule exception à leur catalogue : on y trouve Bob Marley !

Un drame est à l’origine de la création d’Aftown : la mort d’un artiste, Daesebre Gyamenah, décédé parce qu’il ne pouvait se payer une intervention chirurgicale. Jefferson Seneadza, révolté de voir qu’un chanteur ne pouvait vivre de son travail, se lança alors dans l’aventure.

Aujourd’hui, la société compte 18 salariés et a vu son chiffre d’affaires augmenter de 50% en 2018 : Aftown a atteint son point d’équilibre :  si elle ne gagne pas encore d’argent, elle n’en perd plus.

Sur les 55 000 abonnés, 20 000 sont payants : ils viennent essentiellement du Ghana et du Nigéria, mais aussi d’Angleterre, des Etats-Unis ou même des Emirats Arabes Unis.

La société vient de signer un accord avec MTN, premier opérateur télécoms en Afrique, pour permettre le paiement par téléphone portable : cela va offrir un apport en nouveaux clients non négligeable. Il faut compter 20 pesawas (3 cts d’euro) pour un abonnement quotidien ou 2,5 cedis (40 cts d’euro) pour un mois.

La plate-forme permet aux artistes de se faire connaître, de se constituer une communauté de fans et de gagner correctement leur vie. Chaque écoute permet aux chanteurs de toucher 0,066 pesawas soit un peu plus d’un centime d’euro par écoute.

Aftown propose des musiques de tous les styles : rap, hip hop, hiplife mais aussi gospel, ce qui leur permet de toucher un public de plus en plus large au Ghana et dans toute l’Afrique.