Alors que le volume de lait en poudre importé rendait déjà la vie difficile pour les producteurs locaux depuis 2018, la crise sanitaire mondiale les fragilise encore plus en les empêchant d’écouler leur stock.

Au Sénégal, le lait en poudre vient majoritairement d’Europe et représente 84% des importations de lait dans le pays. Les stocks européens sont aussi conséquents que les stocks sénégalais car la consommation de lait à fortement baissé durant le confinement. Les producteurs laitiers sénégalais craignent aujourd’hui que le retour à la normale entraîne une importation en masse des surplus européens, les empêchant de vendre leur propre excédent.

Pour réussir à vendre un minimum de leur stock, les producteurs se retrouvent obligé de baisser leurs prix alors que leur lait est toujours aussi cher à produire. La concurrence est d’autant plus forte que les laits européens bénéficient de la politique agricole commune européenne, ce qui les rend 30% moins cher.

Khar Ndiaye, directrice des programmes pour Oxfam Sénégal, explique que le Sénégal a pourtant les moyens d’être auto-suffisant, mais que les produits locaux arrivent difficilement jusqu’aux points de transformation locaux. Cela ne peut se faire qu’en changeant les habitudes de consommation sur le territoire, et en poussant les industriels à favoriser le lait local. Aujourd’hui, seulement deux industriels sénégalais le font, le groupe Kirène et LDB.