La Guinée-Bissau vit actuellement le moment le plus dur de la crise du Covid-19 sur son territoire. Proche du pic de l’épidémie, les hôpitaux sont déjà saturés, les soignants épuisés, et les nouveaux cas arrivant aux urgences sont triés à l’entrée.

Le virus s’est rapidement répandu à partir du moment où il a atteint le territoire guinéen, les cas ayant été multiplié par 25 entre avril et juin. Cela représente la propagation la plus rapide du virus en Afrique, et le pays pourrait bien devenir le premier foyer de contamination du continent.

Deux raisons expliquent cette situation : le manque d’équipements et de formation du personnel soignant, et une crise politique précédant la crise sanitaire dans le pays.

Cette crise politique existe depuis l’indépendance du pays en 1974, et malgré une possible pacification avec l’élection d’Umaro Sissoco Embalo, la contestation des résultats par le parti PAIGC a entraîné une inertie politique. Alors que le virus se répandait déjà sur le territoire, le corps politique était incapable de prendre des décisions concernant les mesures à prendre.

La docteure Magda Nely Robalo a été désignée pour reprendre la tête de la commission ministérielle chargée de la gestion de la crise sanitaire. Sa tâche actuelle est immense alors qu’elle doit revoir toute la stratégie de lutte contre l’épidémie, ceci alors que le pic de l’épidémie est attendu pour mi-juillet.